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Dubaï vise le chef du Mossad après l'assassinat d'un dignitaire du Hamas

LE MONDE  19.02.10

Jérusalem Correspondant

Les autorités de Dubaï ont décidé, jeudi 18 février, de ne plus s'embarrasser de précautions diplomatiques s'agissant des auteurs de l'assassinat du Palestinien Mahmoud Al-Mabhouh. Dhahi Khalfan Tamim, chef de la police de l'Emirat, n'a guère de doutes : "Notre enquête révèle que le Mossad est impliqué dans le meurtre de Al-Mabhouh.

Il est certain à 99 %, sinon à 100 %, que le Mossad est derrière ce meurtre", a-t-il précisé.

Si la responsabilité du service israélien chargé du renseignement extérieur est établie, a ajouté le général Khalfan, Dubaï demandera à Interpol d'émettre un mandat d'arrêt international à l'encontre de Meir Dagan, le chef du Mossad, "car cela en ferait un meurtrier". "La partie qui fait ce genre de choses en Israël, c'est le Mossad : il envoie des commandos de tueurs", a poursuivi le chef de la police.

De son côté, Interpol a émis, jeudi, des "notices rouges" (avis de recherche pour extradition) pour les onze suspects dont les photos et les - fausses - identités ont été diffusées par Dubaï. L'Organisation internationale de police criminelle estime que les suspects "liés à ce meurtre ont usurpé les identités de personnes existantes".

Sur le plan diplomatique, la convocation de diplomates israéliens dans les quatre pays (Grande-Bretagne, Irlande, Allemagne et France) dont des passeports ont été utilisés par le commando, a été, comme prévu, de pure forme. A Paris, où des "explications" ont été demandées au chargé d'affaires israélien, le Quai d'Orsay a exprimé "la profonde préoccupation de la France quant à l'utilisation malveillante et frauduleuse de documents administratifs".

"Nouveaux indices"

Les réactions dans les quatre capitales étant dans l'ensemble modérées, les autorités israéliennes tablent sur un essoufflement de l'attention médiatique. "Les enquêteurs de Dubaï n'ont pas fourni le moindre bout de preuve pouvant lier directement ou indirectement Israël à cette affaire", remarque une source autorisée israélienne. S'agissant du chef du Mossad, ce haut fonctionnaire s'étonne que l'"on puisse envisager de lancer une action policière sur la base de vagues présomptions ou de titres de journaux".

La presse israélienne minimise également les retombées de cette affaire, et insiste sur ce qui apparaît à ses yeux comme l'essentiel : "Al-Mabhouh méritait certainement d'être assassiné par Israël", écrit le Jerusalem Post. Le chef de la police de Dubaï a annoncé qu'il dévoilerait "dans les prochains jours de nouveaux indices qui lèveront tous les doutes".

Bien des zones d'ombre demeurent en effet, notamment s'agissant des deux Palestiniens qui ont été arrêtés en Jordanie : Anwar Shekhaiber et Ahmad Hasnin, originaires de Gaza, sont apparemment d'anciens officiers de sécurité de l'Autorité palestinienne. Le Hamas a affirmé qu'ils avaient été "recrutés par le Mossad". "Nous avons tous lu John Le Carré, réagit encore la source israélienne, mais où sont les preuves ?"

 
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