De retour de Gaza Bruno Piriou, Vice président du conseil général de l’Essonne Mercredi 16 décembre 2009 Pour la première fois depuis des mois, une délégation française a pu se rendre dans la bande de Gaza, accès qui était refusé quelques jours plus tôt au ministre français des affaires étrangères. Elle était composée d’élus du conseil général de l’Essonne et de responsables associatifs. Parmi eux,
Bruno Piriou, vice-président du département et conseiller municipal de Corbeil-Essonne. Bruno Piriou De retour de Gaza. Aller en Palestine, particulièrement dans la bande de Gaza, fait partie de ces voyages où il y a un avant et un après. La perception que l’on se fait du monde et des humains s’en trouve bouleversée. L’humain et le monde comme un possible d’un extrême à un autre. De son possible humanité à son possible inhumanité. En Palestine, il y a un occupant et un occupé, respectivement un Etat d’Israël qui n’a d’autre objectif que d’empêcher la création de l’Etat Palestinien. Cette occupation est pensée et mise en œuvre méthodiquement, colline par colline en Cisjordanie, maison par maison à Jérusalem Est ou à Hébron. La pression Israélienne est à son comble avec le blocus autour de la bande de Gaza. Pour l’imaginer, c’est comme si comme vous n’aviez pas pu sortir de votre département en France depuis un an et que vous ne saviez pas quand vous pourriez en sortir et sans que personne ne puisse y rentrer. L’humiliation envers les Palestiniens est totale, violente et permanente. L’infraction aux résolutions de l’ONU se poursuit sans qu’aucune des puissances occidentales, Europe et Etats-Unis, ne se manifeste au niveau qui serait de nature à infléchir la politique d’Israël. La preuve encore avec l’abstention de la France sur le rapport Goldstone. Pour penser une issue, il est nécessaire d’agir sur les causes qui font qu’Israël bénéficie d’une telle impunité. · Condamner l’Etat d’Israël n’est pas faire acte d’antisémitisme. Il faut dénoncer l’instrumentalisation de la Shoah par Israël et la culpabilité des Etats-Unis et de l’Europe, particulièrement de l’Allemagne. L’Europe doit se défaire de cette culpabilité et montrer l’exemple en matière de sanctions contre l’Etat d’Israël pour obtenir l’application des résolutions de l’ONU. · L’ère Bush a scellé l’alliance stratégique avec Israël aux Etats-Unis. Le lobby israélien est faiseur de président américain. La solidarité des Américains avec les Palestiniens doit être plus forte que la pression des lobbies Israéliens sur les présidents Américains. · Les dirigeants arabes veulent tenir leur peuple. L’Autorité palestinienne laïque, progressiste, sa tradition intellectuelle, cela fait peur aux autres pays Arabes. Un Etat palestinien laïque, rayonnant et démocratique ne les enchante pas. L’exigence des pays arabes vis-à-vis d’Israël passe aussi par la démocratisation de leur vie politique. · Le caractère théocratique de l’Etat d’Israël et la force des religieux pèse sur l’émergence d’une force pacifiste israélienne. Depuis Rabin, aucun dirigeant israélien n’a compris que la logique guerrière n’aboutirait à rien. Les dirigeants israéliens restent engagés dans un jusqu’auboutisme sécuritaire et pro-colonies. La solidarité avec les mouvements pacifistes israéliens est plus que jamais d’actualité. · Le manque de considération des Occidentaux vis-à-vis des Arabes demeure. Pour ne prendre que la France, il est évident que nous n’avons pas réglé avec nous-mêmes notre passé colonial. Les Européens ont devant eux ce travail de fondation d’une tout autre pensée de leur rapport aux peuples du continent africain. La volonté du président Sarkozy de mener le débat sur l’identité nationale conforte mon propos. Cette considération de supériorité occidentale sur les Arabes existe au sein même de la communauté Israélienne selon ses origines d’Europe centrale ou d’Afrique du Nord. Ces défis sont autant de batailles d’idées à mener. Si la diplomatie représente l’une des clefs pour desserrer l’étau israélien, la principale est entre les mains des opinions publiques. Les élus communistes ont de quoi être utiles à faire de la Palestine un grand enjeu progressiste, humaniste et populaire, dans l’intérêt des Palestiniens, des Israéliens et au delà de tous les peuples. Bruno Piriou Vice président du conseil général de l’Essonne CIDEFE Djamal Benmerad Journaliste, écrivain Bruxelles Portable: 00 32 (0) 471 30 11 01 Blog : http://euromed.skyblog.com |