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DICK CHENEY DERRIERE L’ASSASINAT DE RAFIC HARIRI

Par Khalid Jamaï

Le Journal Hebdo du 16 Mai 2009

L’ancien vice président américain Dick Cheney  serait-il derrière  une série d’assassinats dont l’ex-premier ministre du Liban Rafik El Hariri et le chef des forces libanaises Elie Hobeika ?
C’est ce que viennent de révéler deux grands  journalistes américains d’investigation,

Seymour Hersch et Wayne Madsen, connu pour ses liens étroits avec la CIA. Selon Seymour Hersch, l’administration Bush avait crée une cellule privée secrète qui avait pour mission de liquider des dizaines  de personnalités anti-américaines dans le monde.
Cette cellule portait le nom « Direction des opérations communes spéciales»  et avait été confiée directement à Dick Cheney.
Il y a déjà  deux ans, le journaliste avait dévoilé la présence d’unités secrètes américaines en Iran et parlé d’opérations de commando exécutant  des ordres d’assassinats ciblés dans une douzaines de pays, notamment en Afghanistan, en Irak, au Pérou, en Colombie, en Erythrée, au Kenya et à Madagascar.
Personne au Pentagone  n’était au courant de ce qui se passait  ni même  la commission secondaire du congrès  qui comprend quatre membres ayant le droit d’être informés  de toutes les questions secrètes (voir le site www.alternatifs.net).
Il s’agirait d’un véritable escadron de la mort.
De son côté, Wayne Madsen a révélé l'existence de cette unité de commando de la « Delta Force » connue sous le nom de « assassination wing » , et ce lors d’un entretien accordé à la chaine de TV russe « Russia Today ». Selon Madsen, qui se basait sur les révélations de Seymour Hersch, c’est cette équipe qui avait assassiné Hobeika et  Hariri en coordination avec le bureau de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon.
 « C’est quelque chose que j’ai entendu il y a environ cinq ans à partir de sources de la CIA », a déclaré Madsen.
Et d’ajouter : «  J’ai signalé en 2004-2005 que l’unité de la CIA, liée à la Maison Blanche, était chargée d’arranger les assassinats, au Liban, de l’ancien leader chrétien Elie Hobeika et aussi de l’ancien Premier  Ministre Libanais Rafik Hariri, et que cela a été fait en étroite collaboration avec une unité semblable à celle de la CIA, mais liée au bureau de Jérusalem, dirigée, alors, par le Premier ministre Ariel Sharon.
En 2002, Hobeika devait se rendre à la Haye pour témoigner contre Sharon sur les massacres de Sabra et Chatila en 1982.
Par contre, en 2005 l’assassinat de Hariri était destiné à déclencher une situation exceptionnellement favorable pour déstabiliser le Liban, en provoquant  le retrait des forces syriennes et construire une base américaine dans le nord de ce pays. Un prélude pour mettre un terme aux mouvements de résistance dans la région, à savoir le Hezbollah, la hantise de Sharon.
En 2005, Madsen a déclaré qu’un certain nombre de sources de renseignements ont signalé que les assassinats de dirigeants étrangers, comme Hariri et Hobeika ont été indéniablement autorisés par deux fonctionnaires-clef dans la Maison Blanche : le sous-chef d’Etat-major Kari et le vice-conseiller  à la sécurité nationale Elliot Abrams.
En outre, Abrams était la clé de liaison entre la Maison Blanche et le bureau de Sharon pour ces opérations clandestines, y compris les assassinats politiques et l’homme vers lequel les israéliens s’adressaient ».
Ces révélations viennent confirmer  que l’ancien président américain et  son vice président n’hésitaient  devant aucun moyen et exerçait un véritable terrorisme d’Etat, transformant les USA en un Etat voyou.
Aujourd’hui plusieurs  voix s’élèvent, surtout après ces révélations, qui n’ont pas été démentis, par les responsables en question pour exiger une enquête approfondie sur ces agissements.
Le président OBAMA pourra-t-il se permettre ?
Difficile de le croire sauf si l’opinion publique l’exige ou que de nouvelles révélations soient faites.
Au demeurant, l’impact de ces révélations au Liban est énorme, surtout à la veille des élections qui devront se dérouler dans quelques semaines dans ce pays.
Des révélations qui mettent dans une position, pour le moins inconfortable, le bloc du 14 mars pro-américain qui avait toujours soutenu que c’étaient les syriens qui étaient derrière l’assassinat de Hariri.
Du coup, Damas respire.
A cela il faut ajouter le  démantèlement de plusieurs cellules libanaises qui travaillaient pour le compte du Mossad israélien.
Les USA qui avait fait de la lutte contre le terrorisme son crédo, devient un Etat terroriste qui pratique les assassinats ciblés à l’instar de son allié stratégique, l’entité sioniste.

 

Hersch s’était rendu célèbre en 1969 après avoir révélé au grand jour le massacre de Mi Lay au Vietnam, durant lequel 500 civils vietnamiens avaient été tués par des soldats américains.
Par la suite, son livre, « Dommages collatéraux », il s’était concentré sur les violations commises dans la prison d’Abou Ghraib, en Irak.

 
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